mardi 22 novembre 2005

LES VOYAGES DU PETIT SAUVAGE : KIEV - NEIGE ORANGE

Il y a un an, l'Ukraine entrait dans l'histoire et faisait sa Révolution Orange.

De nouveau, les médias s'intéressaient à ce pays trop longtemps considéré comme la banlieue ouest de la Russie, et trop frappé du terrible sceau de l'accident nucléaire de Tchernobyl.

Qui voulait parler de ce triste endroit, où les compteurs geygers s'affolent, et où les indicateurs éconmiques n'avaient cesse de s'essouffler ?

Puis vint Yushchenko, l'homme de l'opposition, l'homme de la démocratie, l'homme de la révolution.

Les élection présidentielles d'octobre 2004 étaient évidemment truquées au profit de l'ancien président, corrompu et despote. Mais le Peuple a refusé cette mascarade electorale et est descendu dans la rue.

Ils n'ont pas brûlé de voitures, ils n'ont pas incendié d'écoles, ils n'ont tué aucun innocent. Ils n'ont pas fait une révolution "jeu vidéo", ils n'ont pas joué à "qui allait le plus faire chier les flics", ils n'ont pas fait le concours du quartier qui allait le plus passer à la télé. Ils ont compris que la vraie Révolution était non-violente. Ils ont compris que la vraie souffrance ne pouvait se combattre par d'autres souffrances.

Les Ukrainiens, eux, souffraient vraiment, dans un pays asphyxié par le manque total de moyens financiers, et de liberté d'expression.

Je roulais, hier, dans les banlieues sombres et enneigées de Kiev, et je me disais qu'ils devraient venir voir ici, ces jeunes de banlieues qui s'imaginent changer les choses en brûlant les voitures de leurs voisins et les écoles de leurs quartiers.

Les Ukrainiens ont changé les choses sans violence, sans haine, sans guerre, juste avec de la pugnacité, de la tenacité et de la poésie.


Ils sont restés des semaines, des mois, à camper, par centaines de milliers, sur la place centrale de Kiev, Krechiatyk. Ils agitaient des drapeaux oranges, symbole de leur volonté d'un monde en couleur, d'un monde libre, d'un monde guidé par le chef de l'opposition démocrate, Yushchenko.

Cet homme, tel un héros de roman, empoisonné à mort, mais ayant tout de même survécu, défiguré par la substance mortelle qu'on lui a donné, élan libérateur de tout un peuple, héros pacifique et démocrate très rare et donc précieux dans ce troisième millénaire où tout est prétexte à la violence.

Il y a un an, donc, la Révolution Orange en Ukraine. Grand mouvement pacifique, qui porte aujourd'hui ses fruits. Certains sont gâtés (la corruption est toujours présente, l'économie va de plus en plus mal), d'autres ont le goût délicieux des saveurs retrouvées (la liberté d'expression, de presse, d'action, l'ouverture des frontières, la démocratie).


Aujourd'hui, Kiev est une grande métropole aux ambitions internationales.


Le week end, l'artère principale de la ville est réservée aux piétons. La musique décore les murs des immeubles colossaux de l'époque soviétique. Les gens se baladent, fiers de leur peuple, heureux de leur liberté retrouvée, inquiets de leur futur incertain. La neige envahit les rues, le froid engourdit les membres, on va se réchauffer en buvant une petite vodka dans un café, où en se réfugiant dans une des nombreuses galeries marchandes souterraines, qui rappellent facilement les galeries similaires qu'on trouvent au Canada.


L'Ukraine a ce parfum délicieux des pays qui s'ébrouent dans une démocratie pure car toute neuve. Mêmes si de nombreux Ukrainiens (notamment les plus âgés) sont déçus des résultats de la Révolution Orange, qui n'a pas résolu les problèmes économiques, les générations plus jeunes vous emmènent facilement dans un tourbillon d'énergie et d'espoir qui vous fait penser comme eux : "ca va tellement mal aujourd'hui que forcément, demain, ça ira mieux".

Et, au moment de rentrer en Europe de l'Ouest, quand vous traversez ces barres HLM vétustes qui s'étirent sur des kilomètres d'étendues enneigées et fort tristes, vous vous posez beaucoup de questions sur l'avenir des vieux pays d'Europe comme la France, sur les fausses révoltes qui y éclatent, et les mauvaises réponses que le pouvoir en place leur donne.




2 commentaires:

sylvine a dit…

les voyages forment la jeunesse... c'est vrai que cette dignité fait ressortir le ridicule d'autres situations!

une espece de gros con a dit…

Ha mon toto t'ecris vraiment bien...
Bon je vois cependant que tu n'as rien foutu depuis le moi de Novembre... c quoi ce bordel Toto? Alors il prends des vacances a la Noel l'ecrivain engage! J'y crois pas... intello d'mes couilles... feignasse oui!

Allez, joyeuses fetes!!!!!