dimanche 10 juin 2007

QUAND LE TEMPS EST MAUVAIS MAIS QUE LA MUSIQUE EST BONNE...

Ca semblait pourtant mal parti. Temps de chien, gadoue partout, températures frôlant les frissons de la Toussaint… Il y avait mieux pour attaquer un Festival en Open’Air.

Le Festival en Open’Air, c’est l’autre spécialité suisse après le chocolat, les coucous, les couteaux, les montres et le fromage. En été, chaque ville (même Porrentruy !) fait son Open’Air, un grand festival à l’air pur et libre ou des plateaux électriques, éclectiques et hallucinants rivalisent de richesse musicale pour attirer le festivalier frétillant de bonheur à l’idée de ces orgies de concerts ensoleillés (en théorie du moins).

Ainsi, le premier week-end de juin, c’est la belle ville de Neuchâtel qui fait son festival. Trois jours durant, dans le cadre magnifique des rives du lac (de Neuchâtel…), sur une grande prairie, en plein centre ville, à cinq minutes de la gare, une affiche prestigieuse se produit sous chapiteaux (la limite de « l’Open’Air », tout de même, c’est la légendaire prévenance suisse, en particulier au sujet de la météo).

Nous partîmes secs et revînmes mouillés, mais heureux et les oreilles rassasiées...



L’Open’Air de Neuchâtel, baptisé Festineuch’, est donc un super-méga bon plan que vous pouvez d’ores et déjà graver dans vos agendas et autres palm’pilotes pour 2008. Non seulement le cadre est magnifique, mais la dimension humaine du festival le rend encore plus agréable (dimension voulue par les organisateurs, qui, malgré le succès grandissant de la manifestation (22.000 billets vendus cette année), souhaitent préserver la taille humaine du Festineuch’) …


Il y avait donc bien 10.000 personnes par jour, mais l’organisation du site fait que tout est très fluide, très étalé, et donc il n’y a pas de stress, pas de sentiment de foule, tout est cool, tranquille, on traîne sur les petites plages du lac, on se pose sur les rochers, on visite les stands de cuisine de monde (mmh, une brochette de bison/taboulé !), on boit des bières, du rhum, du martini, du red bull, du vin suisse (mmh, la belle gueule de bois !), on hume la bonne odeur d’herbe fraîche foulée et/ou d’herbe fraîche roulée, sans oublier, bien sûr, les concerts, qui, fait rare pour un festival, commencent toujours pile à l’heure (ahlala ces suisses quand même…)


Les concerts, justement, parlons en, des concerts…
- un live de Cassius très dynamique, à mi chemin entre rock, funk, et french touch électro, même si le leader est un peu ridicule à passer son temps à dire « alors les amigos, ça va » entre deux titres… Pas incontournable, donc… Note : 6/10
- un énorme Iggy Pop & The Stooges, ou le sexygénaire s’est déhanché comme son iguane totem pendant plus d’une heure (c’était un peu court…), torse nu et cheveux longs, s’hydratant à grandes gorgées de Vittel (eh oui, il est sain l’Iggy !), et invitant le public à pogoter sur scène avec lui, ce qui a donné un visuel inoubliable ou une trentaine de fans chauds bouillants mais respectueux (suisses…) sautillaient gaiement sur scène entre les Stooges et le grand Iggy dans un joyeux foutoir très rock et très roll. Un grand moment donc, d’autant plus que la star du soir avait pris la précaution de couper son portable pour ne pas être dérangé (comprenne qui pourra…). Enorme ! A voir un jour ! Note: 8/10
- un très attendu set de Justice, le duo de DJ qui monte qui monte, les « nouveaux Daft Punk », comme on dit chez Ed Banger (leur label… et aussi celui des Daft)… C’était le BUZZ du festival, avec les cohortes de fans armés de crucifix en polystyrène qu’ils agitaient avec frénésie, hystériques pendant les jouissances électro-industrielles des duettistes hype du moment, où les gros sons saturés de machines et de guitares se disputent la vedette avec des beats bien house et bien disco. Un peu trop bruyant quand même… Heureusement, les organisateurs du festival avaient prévu des boules quiès, distribués à chacun à l’entrée du site… Intéressant et rigolo quand on est un peu bourré. Note: 6/10
- une décevante prestation des Ogres de Barback, politisant d’entrée et à outrance un set qui sent le réchauffé de Têtes Raides et de La Tordue… « Ouais alors on est là ce soir parce qu’on s’est fait expulsé de France avec notre camionnette… » Le gauchisme ne tue pas, sauf quand il est ridicule. Du coup, j’ai boycotté. Note: 2/10 (il semble qu'en plus, les petits ogres s'amusent à balancer des trucs bien pourris démago comme ça à chaque concert... dommage ...)
- Heureusement, Nouvelle Vague a assuré par la suite, avec un set purement fait de plaisirs et de reprises jouissives. J’ai été très surpris de l’ambiance qu’ils ont su mettre, alors que le album est très lounge. Là, ils y sont allés franchement, à grands coups de reprises tantôt bien samba, ou bien reggae, ou bien blues, ou bien rock… Les deux leadvoices sont intéressantes, le chanteur guitariste est épatant (il mériterait d’être dans Massive Attack, il me fait penser à Tricky parfois, tellement il fait de choses avec sa voix), et la chanteuse un cocktail bizarre entre Norah Jones et PJ Harvey (à la fois un peu candide niaise et trashy punk)… En plus, ils sont accompagnés par des musiciens hors pair ! Très bon. Note: 8/10

Et le Festineuch’ s’est terminé en apothéose, avec un concert magnifique du Gotan Project, sous un chapiteau où 7.000 spectateurs électriques réagissaient au quart de tour tout au long de la prestation du collectif, pétri de perfection musicale, scénique, visuelle, et vestimentaire.. Les douze artistes, habillés en tenues de soirées immaculées, ont donné un concert magnifique, ou la magie du tango argentin s’est parfaitement accordée avec les rythmes électroniques des deux créateurs géniaux du Gotan. Note: 11/10 ! Le Gotan Project, je l'ai dans la peau !!



Pour conclure, je vous conseille donc de noter l’existence de ce Festival très agréable, très bien organisé, pas cher, et dans un super cadre, pour l’an prochain (la programmation 2008 sera annoncée sur le blog)… Et surtout, courrez voir le Gotan Project !

1 commentaire:

Emmameta a dit…

Ok pour l'année prochaine : le plan musique plein les oreilles face au lac respirant l'odeur d'herbe fraiche (comme on la voudra !)ça parait réjouissif. Au passage, j'aime beaucoup ton petit jeu de mots sur l'herbe, et au passage encore, tu pourrais préciser à tes lecteurs que vous n'êtes restés que 10 minutes au concert des Ogres, ce qui ne permet pas du tout d'en donner un appréciation. Votre mauvaise note est donc contestable.