lundi 25 juin 2007

PETITE BIOCHIMIE AMOUREUSE

Testostérone, ocytocine, lulibérine, endorphines… Non non non ce ne sont pas les ingrédients d’un nouveau cocktail dopant en vue du prochain Tour de France… Toutes ces molécules, ce sont celles qui sont libérées à grands flots lors de la rencontre amoureuse, puis tout au long de ce que biochimistes et psys appellent maintenant « l’état amoureux » (ce n’est donc pas qu’une vision du poète). Toutes ces molécules nous font planer, désirer, jouir, oser… l'acte sexuel libère tout cela. Résultat : un état de bien-être béat, une anesthésie temporaire de tous les maux psychologiques ou physiques, et... l'envie de recommencer.

Et c’est aujourd’hui scientifiquement démontré : aucun amoureux n’échappe à la révolution hormonale qui transforme son organisme en un véritable petit labo de chimiste confirmé. Petite revue de détail …


Besoin de fusionner, de faire le plein de plaisir physique et de sécurité affective… Tout commence avec la testostérone, l’hormone du désir sexuel, produite par les hommes et par les femmes. A cette production succède celle de lulibérine, l’hormone libérée au début de la relation sexuelle. C’est elle qui pousse à rechercher toujours plus de contact et de caresses, à approfondir le langage érotique et l’exploration du corps de l’autre.Vient ensuite l’explosion d’endorphines au moment de l’orgasme, qui modifie radicalement l’état de conscience ordinaire : euphorie ou extase, ces molécules, que l’on retrouve dans bon nombre de stupéfiants (dont la cocaïne) nous font littéralement décoller.

Mais en même temps que les sens et la conscience s’affolent, nous produisons aussi de l’ocytocine (aaaaah ! l’ocytocyne, je dois être en surdose, moi), l’hormone de l’attachement…Si si si ça existe. L’attachement, l’amour, l’affection, la tendresse, tout ça, c’est dû à un réflexe chimique … qui permet de transformer le plaisir en amour…

Toutes ces hormones, qui travaillent en surrégime quand l’individu est en état « amoureux », produisent de la dopamine, qui booste ce que l’on appelle le “circuit de la motivation”. C’est la dopamine (hormone de la même famille que les emphétamines) qui nous… dope… et nous pousse à agir, à oser, à relever des défis. C’est aussi sa chute, générée par l’absence ou l’abandon de l’objet d’amour, qui nous fait des nœuds à l’estomac, nous déprime plus ou moins sévèrement selon notre structure psychoaffective et notre capacité à gérer le manque.

On sait aussi maintenant, grâce à la psychanalyse, que l’alchimie amoureuse ne doit rien au hasard, mais qu’elle naît de la rencontre de deux inconscients qui se choisissent. Une gestuelle, une voix, un grain de peau, une façon de dire ou d’être viennent réveiller ce qui sommeillait au plus profond de nous et réactiver à notre insu notre mémoire affective la plus ancienne, celle de nos premiers liens.On a aussi remarqué de nombreuses différences sur notre façon de capter le monde extérieur. En état d’amour, la réalité ordinaire se dilate, toutes les portes – en soi et autour de soi – semblent s’ouvrir, les émotions s’intensifient, et la banalité semble même se dissoudre dans l’euphorie.

Le regard et l’ouïe se modifient, deviennent plus subjectifs, plus sélectifs, car soumis à une interprétation dominante de l’hémisphère gauche du cerveau, qui gère nos émotions, nos perceptions subjectives, et notre subconscient, ce qui fait que nous ne voyons ou n’entendons que ce qui répond à nos attentes conscientes ou inconscientes. On ne voit alors de l’autre, de par ce transfert cérébral, que ce que l’on projette sur lui, c’est la base biologique et psychique de la passion et de l’état amoureux.


L’état amoureux, au niveau purement cérébral, serait donc un état hallucinatoire, au même titre que celui dans lequel nous sommes sous l’effet de certaines drogues dure, un état qui modifie toutes nos perceptions, conscientes et inconscientes, et qui nous invite à décrocher temporairement de la pesanteur du réel…

Il y a aussi dans l’état amoureux une force obscure qui pousse au dévoilement total, à la mise à nu. L’autre ne doit rien ignorer de moi et je dois tout savoir de lui. C’est le fantasme de la fusion : en amour, un plus un égale un ! En l’autre, je retrouve ma partie manquante, thème largement développé dans la philosophie antique, notamment par Platon dans « Le Banquet ». Le sexe donne à ce fantasme une consistance toute particulière. Pour des raisons anatomiques évidentes, il nous amène effectivement à ne faire qu’un, éliminant, ne serait-ce que temporairement, la sensation d’incomplétude qui si souvent nous étreint. La puissance de ce fantasme fusionnel au cœur de la sexualité, cette recherche subconsciente d’un retour au mythique « être originel » peut transcender l’acte sexuel, et c’est ainsi que l’homme est le seul animal pour lequel faire l’amour n’est pas qu’une quête reproductive et biologique, mais aussi une quête mystique, philosophique et psychique.

Vous le (la) trouvez sublimement beau (belle) et incroyablement intelligent(e)? Pourquoi pas, mais il (elle) dégage surtout des phéromones, captées par votre organe voméronasal (un petit organe encore mal connu, situé dans le nez) qui arrivent directement au cerveau.

Les phéromones sont des molécules invisibles et volatiles produites par les glandes apocrines situées sous les aisselles, autour des mamelons et dans les aines. Inodores, les phéromones ne sont pas captées par la muqueuse olfactive mais par un second système de l'odorat, l'organe voméronasal. On a longtemps pensé que cet organe, très actif chez les animaux, ne fonctionnait pas chez l'homme. Plusieurs études ont prouvé le contraire. L'androsténol, un des composés de la sueur « fraîche » de l'homme et la copuline que l'on retrouve dans les sécrétions vaginales de la femme sont les principales phéromones sexuelles. Elles auraient de réels effets attractifs ou répulsifs entre deux personnes selon qu'elles sont compatibles ou pas. L'odeur d'une personne, si elle nous est agréable, nous permet de nous sentir bien et en sécurité, ce qui favorise le rapprochement.

Alors résumons tout ça par un petit bilan de tous les ingrédients chimiques de l’amour, du désir et du sentiment amoureux… de quoi fabriquer un véritable philtre d’amour !...

La phényléthylamine est une hormone de la classe des amphétamines que nous produisons en grande quantité quand nous sommes amoureux. Ses effets sont la joie voire l’euphorie. Une carence en phényléthylamine constituerait un facteur important de la dépression.

La dopamine est un neurotransmetteur entre le cerveau et l'hypophyse. Elle pourrait s’assimiler à un signal de bonheur et de bien-être qui nous pousse ensuite à répéter l’expérience. Les stimulations amoureuses, érotiques et sexuelles entraînent donc la sécrétion de dopamine et la production de testostérone, aussi bien chez l’homme que la femme, ce qui aura pour effet d’augmenter la circulation du sang dans les organes sexuels, autrement dit : déclencher une érection ou une lubrification.

L'ocytocine, quant à elle, est sécrétée durant les ébats amoureux et procure ensuite des sentiments de satisfaction, d’affection, et d’attachement. Des chercheurs du CNRS ont noté que chez les espèces animales qui s'attachent et sont monogames, l'ocytocine est envoyée dans le cerveau lors du premier accouplement (ainsi, des rats polygames auxquels on injecte de l'ocytocine dans le cerveau deviennent monogames). « Chez l'homme, le processus est le même et chez deux individus qui font l'amour, l'ocytocine est libérée dans leur hypothalamus où elle forme avec la dopamine le duo neurochimique du plaisir », note un chercheur.

Et sa production chez le bébé humain dépend des caresses qu'il reçoit. Cette molécule est ainsi celle qui favorise le lien entre la mère et l'enfant au moment de la tétée.

Toute manifestation de tendresse physique fait aussitôt grimper son taux, ce qui augmente le plaisir et l'envie de vivre à côté de celui ou de celle qui les prodigue. «L'ocytocine est un antistress puissant qui a probablement un effet dopant sur le système immunitaire et elle réduit aussi considérablement les risques de cancer du sein, explique Lucy Vincent, docteur en neurosciences ». La psychiatre Kathleen Light, de l'université de Caroline du Nord, a, quant à elle, montré que le niveau d'ocytocine augmentait chez l'homme et chez la femme lorsqu'ils s'embrassent, se touchent ou simplement regardent des films romantiques… Son équipe s"est posée une question pertinente : "nous étudions toujours les personnes qui ne vont pas bien, pour chercher les causes de leur mal être, mais pourquoi ne pas étudier les personnes qui vont bien pour voir comment ça marche... comment "va-t'on bien?"... Pertinent...

Et ce n’est pas tout… En cas d’orgasme, le corps est submergé d’endorphines, des petites morphines endogènes, qui exercent également la fonction de neurotransmetteur. Elles apportent également le calme, soulagent la douleur et réduisent l'anxiété. Le sentiment de bien-être qu'elles procurent se traduit par une relation affective très forte que l'on ne veut pas interrompre et qui se traduira par la prolongation des ébats sous forme de caresses et de tendresses.

En résumé, la phényléthylamine est l’hormone de la passion, la dopamine un neurotransmetteur lié à la recherche du plaisir, l’ocytocine la molécule de la tendresse et les endorphines celles du bien-être.

Au bout de trois années, le corps s’habituerait à la phényléthylamine et ses effets iraient en décroissant. C’est bien pour cela que la légende veut que l’amour dure trois ans (et pas plus). Au bout de trois ans, les effets de cette hormone s’estompe (comme l’accoutumance à une drogue qui ne ferait donc plus d’effet), et le sentiment de passion brûlante et d’excitation des débuts disparaît donc pour des raisons bien biologiques…

Les effets de la dopamine, eux, dureraient six ans au plus. Certaines personnes auraient du mal à vivre sans ressentir les sensations de la phényléthylamine et de la dopamine, ce qui expliquerait les ruptures quand le désir exacerbé et la passion n’y sont plus. D’autres couples auraient la chance (si ce sont deux êtres ayant le même fonctionnement physiologique) de passer alors naturellement au cocktail plus simple de l’ocytocine et des endorphines, et donc de la tendresse, de l’attachement, et du bien-être profond.

Le toucher, les caresses, la tendresse, la douceur et l’érotisme partagés demeurent, pour les deux partenaires, la meilleure façon de conserver le niveau d'ocytocine et d’endorphines nécessaire pour faire durer le couple...

On pense même que l'ocytocine pourrait avoir un effet sur le vieillissement. Une étude britannique a ainsi démontré que les personnes qui faisaient l'amour trois fois par semaine dans une relation stable paraissaient dix ans plus jeunes que leur âge !

Alors… qu’est ce que vous attendez ? Vous êtes encore devant votre écran d’ordinateur ? tss tss tss…

3 commentaires:

Dange a dit…

A quand la thèse ?
xxx

miminh a dit…

ah ben c est malin maintenant tous les infidéles ont des excuses:" je suis SUPER désolée, j ai ´´té VICTIME d'une violente chute ´d'ocytocine... "
et ca se trouve en gélule aussi tous ces petits ingrédients? dsl pour le manque de magie, ca serait pour une commande pour les longs séjours á l étranger... et plus sérieusement alors: comment la relation a distance pt elle ëtre entretenue??? on peut stocker ds cette organe vomeronasal? mais avant tout j oubliais... Merci thom!

Anonyme a dit…

toto il est amoureux !!!